Le Centre interuniversitaire de recherche sur les lettres, les arts et les traditions (CÉLAT) est issu de la Chaire des archives de folklore de l’Université Laval, créée en 1944. Il est constitué formellement en tant que Centre depuis 1975 et il fut le premier à être reconnu par l’Université Laval dans le domaine des sciences humaines et sociales. Depuis 2000, il existe en tant que centre tri-universitaire et interdisciplinaire intégrant des chercheurs de Laval, de l’UQAM, de l’UQAC et aussi de McGill.
Historiquement, le Centre a contribué au cours du temps au développement des connaissances sur l’histoire et la culture de la société québécoise, d’abord en tant que culture francophone. Ces premières recherches ont abouti à considérer par la suite comme terrains la francophonie canadienne et nord-américaine, puis finalement à considérer la francophonie internationale et les nouvelles configurations géoculturelles issues de la mondialisation.
Son membership, d’abord composé d’historiens, d’ethnologues et de linguistes, estimé en 1975 à 8 membres réguliers, s’éleva en 1995 à 14, pour encore s’accroître et se diversifier jusqu’à constituer aujourd’hui un solide regroupement de chercheurs représentant un vaste éventail de disciplines des sciences humaines et sociales arrimées à son objet. Ainsi en 2010 le Centre comprend 28 membres réguliers répartis dans trois pôles universitaires et plusieurs départements et facultés, auxquels s’ajoutent 15 chercheurs postdoctoraux menant des travaux au sein du Centre, sans compter les étudiants gradués. L’expansion et la diversification des effectifs ont permis de renforcer la vocation d’interdisciplinarité du Centre ainsi que sa masse critique dans le champ des études sur la culture. Le CÉLAT a aussi progressivement diversifié ses formats de recherche.
S’appuyant principalement sur des recherches fondamentales tournées vers la production du savoir destiné au monde universitaire, le CÉLAT mis également le cap durant sa programmation 2002-2010 sur l’ouverture à d’autres formats de production de connaissances, formats axés sur les partenaires et sur les institutions, la société civile et les décideurs. Le Centre interagit donc non seulement avec le monde universitaire mais également avec d’autres acteurs pertinents tels que les municipalités (ex: archéologie, études urbaines), les ministères (mise en valeur du patrimoine matériel et immatériel), les ONG (immigration, minorités), les musées (arts, débats sociaux), les institutions internationales (ex. : UNESCO, AUF, ICOMOS, National Science Foundation). Sa nouvelle orientation a aussi permis d’intégrer dans une certaine mesure la production culturelle de certains membres (littérature, vidéo et multimédia, théâtre) en fonction des besoins de ses axes de recherche, offrant ainsi une place à l’expérimentation dans le champ de la culture et au rapprochement entre les cultures. Au Québec, le CÉLAT est devenu le centre probablement le plus diversifié, étant lié par ses membres à 16 disciplines et à plusieurs modes de production des connaissances. Ces changements peu visibles au début de la programmation antérieure deviennent explicites et sont davantage réaffirmés en 2011-2017 parce qu’ils favorisent le développement de formats de recherche et d’échanges sortant des sentiers battus; de ce fait, ils rendent le dialogue interdisciplinaire plus fécond dans le domaine visé. Le Centre devient en somme un modèle unique dont l’exemplarité et le dynamisme sont notables.